Du Moyen-Age à la Révolution
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- Publié le Jeudi, 10 Février 2011 13:58
- Écrit par formail
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Du Moyen-Age à la Révolution de 1789
Au XIe siècle, Créances était déjà un fief important du Baron de la Haye-du-Puits : Premier seigneur connu : Turstin Haldup (1056). L´ensemble de la paroisse constitue un « Comté haute-Justice, fief de dignité », avec un pouvoir discrétionnaire sur la population, écrit ou oral du vassal, reconnaissant pour quel fief il avait prêté serment d´hommage. « L´ aveu » rappelait aux vassaux qu´ils devaient payer, outre les droits seigneuriaux, des rentes annuelles pour leurs terres qui ne cessaient pas d´appartenir aux seigneurs. A ces rentes, s´ajoutaient donc des droits seigneuriaux de toutes sortes : droits de chasse, de foires et marchés, de pâturage, de charrue, de monnaie, de guet, de moisson, ... auxquels s´ajoutait la dîme (1/10ème des récoltes) du clergé. Ce fut là le régime, jusqu´en 1789, pour les trois-quarts, au moins, de la paroisse. Le reste, propriété de l´abbaye de Lessay et comprenant surtout des terrains en bordure du Havre, était loué par lot aux paysans, avec un loyer perçu partie en nature, partie en monnaie. Les lots n’étant pas non plus exempts d´autres droits. La population de ces terres d´abbaye était sans doute un peu moins misérable que celle du Comté haute justice. « Il fait bon vivre sous la crosse » (Proverbe médiéval). Les conflits, assez fréquents et inévitables, se produisent aussi entre l´abbaye et les seigneurs successifs.
La première église de Créances daterait, elle aussi, du début du XIe siècle, le curé de la paroisse étant nommé par le prieur de l´abbaye de Lessay. Les comtes de Créances appartenaient le plus souvent à des puissantes familles du royaume, notre commune n´étant qu´une toute petite partie de leurs domaines. Ainsi, en 1465, le comte Michel d´ESTOUTEVILLE est le seigneur de 35 autres fiefs, répartis dans la Manche et le Calvados actuels, pour lesquels il rend hommage au roi Louis XI.
Seigneurs successifs du Comté Haute-Justice : Les Nanteuil, les Chanteloup, les Paynel, les d´Estouteville, pendant la guerre de Cent Ans, qui posséderont Créances jusqu´en 1556, puis les de Bouillé, dont l´un d´entre eux, Philippe de Bouillé, criblé de dettes, se vit saisir tous ses biens en 1675. Nous avons ensuite les de Charnacé, (jusqu´en 1702), de Vassy (jusqu´en 1783), enfin de Perrochel à partir ce cette dernière date.
Guerre de Cent Ans : Elle fut durement ressentie par la population, notamment par les débarquements successifs des Anglais en Cotentin, les razzias des Grandes Compagnies (Navarrais par exemple) et l´épidémie de Peste Noire qui s´abattit sur le royaume à partir de 1357. En novembre 1356, aux Mares-Noires, près du Buisson, un combat opposa les troupes françaises du Dauphin Charles (futur Charles V, fils du Roi de France Jean II le Bon) plus nombreuses, aux contingents (500 hommes environ) de Geoffroy d´Harcourt, seigneur de Saint-Sauveur-le Vicomte, qui avait rejoint Edouard III d´Angleterre. Battu, Geoffroy d´Harcourt périt en fin de combat. Contrairement à la période de la Guerre de Cent Ans, Créances ne semble pas avoir trop souffert des guerres de religion. « Mais une sévère épidémie de peste ravage la région vers 1540 et la famine sévit dans le Coutançais en 1587 ».
Les Salines de Créances, pour la fabrication du sel blanc et menu à l´usage du pays représentent une importante activité, sinon la plus importante, des habitants du bord du havre. Dès 1056, l´acte de donation de Lessay précise que « 3 salines de Créances » sont données aux moines. En 1768, il y avait encore 23 salines appartenant à 23 propriétaires. L´exploitation du sel, très réglementée jusqu´à la Révolution (gabelle), cessera vers le milieu du XIXe siècle.
La paroisse compte 150 feux en 1750 (750 habitants environ). Mais en 1765, c’est la première paroisse de l’actuel canton avec 262 feux (1310 habitants environ).Mais la grande famine des années 1780-1784, avec un pic culminant en 1782 (196 décès cette année-là ), décime la population.
La culture maraîchère : Il est malaisé de dire à quelle époque précise la culture intensive des légumes et quand la plupart des laboureurs deviennent des maraîchers. Si les « aveux » du Moyen-Age, des XVIe et XVIIe siècles font état de rentes de légumes, et notamment des oignons, c´est en petites quantités, car toute la région en produisait. Joseph Fromage, à l´examen de plusieurs textes, estime cependant que l´extension des surfaces de culture maraîchères pour la vente à l´extérieur de la paroisse, a lieu dès la première moitié du XVIIIe siècle, « les Créançais étant bien vite obligés de sortir de Créances en chevaux, puis en carrioles à chevaux, pour vendre leurs légumes ». En 1780, le curé Lecordier écrit « qu´un paroissien a pour profession d´ensemencer sa terre de légumes qu´il vend dans divers marchés: le lundi à Coutances, le mardi à Lessay ou à Prétot, le mercredi à la Haye-du-Puits ou à Marigny, le jeudi à Coutances, le vendredi au Pont-l´abbé et le samedi à Périers ou à Cerisy. Bref, ce maraîcher est sans répit sur les routes ». Quant aux femmes de tout âge, elles sont journellement dans les champs. Le 14 février 1801, le maire Regnault écrit « Notre commune est renommée par tous les marchands pour la production et la vente de tous les légumes ».
SOURCES : Joseph Fromage et Yves Lemoigne

